Travailler dans la restauration avec une trisomie 21

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C’est quoi la Trisomie 21 ? Qui est concerné ? Les personnes touchées sont-elles capables de travailler comme nous ? Toutes les réponses à ces questions sont les fondamentaux de la démarche du Reflet. Restaurant extraordinaire, vous avez dit ? Et pourquoi pas !

equipe-cuisine_604x542Les personnes porteuses de trisomie 21 sont trop souvent mises à l’écart dans notre société. Le Reflet est un projet de restaurant qui emploie ces personnes « extraordinaires ».

LA TRISOMIE 21, C’EST QUOI ?

La trisomie 21, ou syndrome de Down, n’est pas une maladie. C’est une malformation congénitale, due à la présence d’un chromosome supplémentaire sur la 21ème paire. Cette anomalie entraîne une déficience intellectuelle, plus ou moins marquée selon les individus. Le nombre de nouveaux cas par an est est quasiment le même dans tous les pays du monde. Ainsi en France, 65 000 personnes vivent avec une trisomie 21 et toutes les 24 heures, un bébé trisomique vient au monde*.

QUELLE EST LEUR CAPACITÉ DE TRAVAIL ?

Les compétences sont variables d’un individu à l’autre (qu’il soit trisomique ou non). Elles sont liées au capital génétique mais aussi à l’éducation, à l’apprentissage, à l’environnement et à la possibilité d’avoir un projet de vie accompagné. Dotées d’une grande capacité relationnelle, les personnes touchées par la trisomie ont besoin de plus d’attention que les autres, il faut les stimuler fréquemment, les encourager, le tout dans un environnement adapté.

Il faut donc anticiper. Par ailleurs, elles peuvent apprendre et progresser considérablement si on leur en donne le temps et les moyens. C’est pourquoi une personne trisomique est capable d’évoluer sur le plan des compétences professionnelles si elle bénéficie de conditions favorables.
De plus en plus de personnes atteintes de ce handicap obtiennent des diplômes (CAP, Bac, etc…) et tentent de s’intégrer au monde professionnel, à l’image d’Eléonore Laloux, auteur du livre « Triso et alors… ».

Comme Eléonore, de nombreuses personnes trisomiques ont déjà prouvé qu’il leur est possible de réussir à s’intégrer professionnellement et socialement dans des milieux ordinaires. En travaillant en amont avec l’équipe qui les reçoit et en ayant un suivi extérieur régulier, l’adaptation se fait généralement naturellement et ils deviennent souvent un élément clé de l’entreprise, tant pour leurs collègues, que pour les clients.

Pierre-Henri Masson, trisomique et cuisinier primé
Ce jeune homme atteint de trisomie 21, a remporté le premier prix de l’Assiette Gourm’Hand 2014. Pierre-Henri exerce sa passion au restaurant « Ô Pifaudais » de l’ESATCO de Quévert. 

Il est donc temps de faire tomber les barrières et les préjugés : lorsqu’on leur donne le choix et les moyens de s’exprimer, ces jeunes ne demandent rien de plus que de vivre comme tout le monde.
Alors de quel droit déciderions-nous qu’être différent est une barrière pour vivre dans la société ?

Un métier difficile ? pas forcément. Et le regard des autres ? Justement !

Au Reflet, nous sommes convaincus que la restauration est un secteur particulièrement adapté pour le travail des personnes porteuses de trisomie 21. Tout d’abord, parce que l’on y travaille en équipe et qu’on y emploie deux types de personnalités : les employés qui souhaitent être en contact avec les clients et ceux qui préfèrent travailler en cuisine et être plus en retrait. Mais surtout, parce que la restauration est le lieu de partage et de convivialité par excellence qui facilitera l’intégration du handicap dans la société.

De Mac Do à l’Elysée

A l’image de Pierre-Henri Masson qui a côtoyé les cuisines de l’Elysée, de nombreuses personnes porteuses de trisomie 21 sont de véritables exemples d’intégration réussie, en France ou à l’étranger.


Parmi les plus médiatisés, on peut citer :
> Thomas Denieul, 30 ans, première personne trisomique à décrocher un CDI chez MacDonald ;

ou encore Tim Harris, un jeune américain qui est la première personne trisomique à ouvrir son propre restaurant !
La Locanda Dei GirasoliCe sont nos voisins Italiens qui nous montrent le plus bel exemple de réussite d’intégration avec le restaurant La Locanda dei Girasoli. Cette Pizzeria romaine fait travailler 13 personnes trisomiques sur 18 employés.


Et en plus, ça marche !

A La Locanda Dei Girasoli, le restaurant ne désemplit pas et les clients sont ravis… et reviennent… Le président de la coopérative envisage même de franchiser le concept !


Il n’y a pas que la trisomie21 ! Tous les handicaps sont concernés. Au restaurant « Dans le noir », vous vivrez une toute autre expérience gustative où le service est effectué par des personnes malvoyantes dans une salle de restaurant plongée dans l’obscurité. Le handicap devient alors la raison même de votre visite. Extraordinaire, non ?

*Sciences et Avenir, 21 mars 2014

5 commentaires sur “Travailler dans la restauration avec une trisomie 21

  1. Bonjour et bravo pour votre initiative!
    J’ai entendu parler de vous par RCF.
    Etes-vous ouverts ce vendredi 23 décembre?
    Nous pourrions éventuellement être intéressés à venir déjeuner à 5.
    Merci de votre réponse!

  2. Parfait, le concept me pait. J’aime me faire servir par une personne qui dégage l’envie de faire plaisir à l’autre.
    En plus d’une bonne assiette je suis exigeante sur l’accueil et l’hygiène des lieux Je réserverai un vendredi midi de février et ne manquerai pas de vous faire savoir ce qui m’a plu ou déplu sur place. Je vous souhaite à toutes et à tous une très belle année 2017 pleine de petits bonheurs tout simples qui composent le bienêtre d’une vie.
    A très bientôt

  3. j’ai vu un ami qui a partagé sur Facebook votre projet. C’est génial et je tenais à vous laisser un petit message. J’en suppose que cerise sur le gâteau, il doit régner une bonne ambiance dans ce resto.

    Alors longue vie à votre restaurant et bon courage a tous ces jeunes gens extraordinaires!

  4. Bonjour,
    Nous venons spécialement de Belgique, avec notre petit fils Romain, trisomique 21, et sa sœur Laura.
    Nous serons à Nantes du 5 au 7 avril.
    Notre objectif est de rencontrer l’équipe, et de se rendre compte des possibilités d’évolution qu’ont ces personnes différentes. En temps que parents de Romain, il est très important pour nous de savoir ce qu’on peut espérer pour son avenir.

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